Pierre qui roule...

Pierre qui roule…

Il était une Pierre,
Fragile rocher au haut d’un mont,
Qui de son surplomb
Avait traversé des ères,
Bravé les plus durs hivers,
Contemplé des milliers de Soleil,
Du moins du lever au coucher ses merveilles,
Subi tous les Vents, venus des mers
Ou soufflant depuis les terres,
Et résisté aux pluies les plus drues
Erodant sa chair nue…
… Oui, même s’il était amas de poussière,
Notre caillou pouvait être fier
D’avoir des Eléments
Défié leurs déchaînements…


Du moins jusqu’à ce qu’un derrière,
Pour siège le prenant,
S’y pose céans
De manière bien moins poli !
Du geste, ainsi déplacé,
Notre galet soudain de glisser
Emportant le malpoli
Et avec tout autour la rocaille
Ensevelissant sous une véritable muraille
L’inculte hurluberlu,
Cette avalanche
Faisant là belle revanche
À celui ainsi pris pour simple « pose-cul » !

Pour déplacer des montagnes
Il suffit parfois d’un peu de hargne

… et tout s’écroule !

Auteur : Val


Céans : Ici, maintenant… Et jeu de mot avec celui de « séant », le postérieur au figuré !
« geste… déplacé » : Jeu de mot.
« poli… malpoli » : Jeu de mot avec la politesse et la pierre polie…
« Pose-cul » : En langage familier, un siège où s’asseoir.

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(tiré de l'ouvrage édité : Drôles de Fables)

val
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