Piaf

Piaf

Il était une fois… une pie très marcheuse.
C’est vrai, les pies sont normalement des voleuses.
Mais Piaf (c’était son nom) avait de longues pattes
Qui faisaient qu’elle marchait toujours avec hâte.

D’un pas suivait l’autre rapide et élancé,
Chacun disait d’elle : « Piaf est toujours pressée ! »
Elle n’aimait pas trop cette réputation,
Même si elle n’y prêtait plus attention.

Un jour, Piaf fut remarquée par un grand héron
Qui marchait près des marécages, tout du long.
« Dis Piaf, une course d’échassiers te plairait ?
Nous l’organiserons là, au bord du marais.
»

« Moi ? Je ne suis pas échassier mais passereau
Et je n’ai aucune habitude des plans d’eau…
C’est vrai que je marche vite mais pour courir
J’ai bien peur que tout le monde se mette à rire.
»

« Un peu d’entraînement, c’est tout ce qu’il te faut !
- Dit le héron, la regardant de bas en haut –
Voudrais-tu que je t’y prépares chaque jour ?
Tu verras, c’est un vrai plaisir lorsque l’on court !
»

Faire de ses longues pattes un avantage
Pourrait clouer le bec à bien des bavardages.
Il n’en fallait pas plus pour que Piaf dise « oui »,
C’était là un challenge vraiment inouï.

Imaginez l’étrange spectacle cocasse
D’un héron sportif et d’une pie qui jacasse…
« Plus vite ! Bec en avant et ailes au corps !
Ne t’arrête pas ! Allez ! Continue encore !
»

Par-ci… par-là… Piaf essayait de s’envoler
Juste le temps pour elle de se reposer.
Mais le héron l’observait, avait l’œil partout.
« Non et non ! Tu ne dois pas t’envoler du tout ! »

Le jour du concours, Piaf était en pleine forme
Même si sa taille n’était pas dans les normes…
Autour d’elle, s’installèrent des flamants roses
Qui pavanaient pour le public, prenant la pose.

Un peu plus loin, des grues, cigognes et autruches…
« Tous en place - Cria le héron - Pas de triche ! »
Un pélican donna le signal du départ
Tout le monde se mit à courir dare-dare.

Il fallait voir tous ces magnifiques oiseaux
Déployer leurs grandes pattes au bord de l’eau.
Maître Corbeau, très impartial, les observait
Afin de rendre le classement, juste après.

Piaf élançait ses pattes bien longues et fines.
« Allez Piaf ! Tu vas gagner ! » Cria un beau cygne.
Son courage fit ralentir les échassiers
Qui comprirent qu’elle pouvait les dépasser.

Et c’est exactement ce qui se produisit,
A tous s’étonner, se méfier, chacun perdit !
Très fière, Piaf prit place sur l’arbre podium
Heureuse de s’être donnée au maximum.

Alors, il y eut une fête et un concert,
On picora des vers et des fruits en dessert…
Tous les grands échassiers vinrent féliciter
Celle qui, tant d’honneur, avait bien mérité.

Il parait que d’autres « Piaf » courent à présent,
Quelles que soient leurs pattes, ce sont des battants…
Bien sûr, le propre de l’oiseau est de voler
Mais une pie qui court, ça fait bien jacasser !

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