Le Serin et le Motard

Le Serin et le Motard

Un serin échappé d’une cage rustique,
Batifolait dans l’air, et sans souci des chats,
Heureux de cet espace fantastique
Où il pouvait tout seul, chanter à capella.
Il chantait à tue-tête, aux papillons aux fleurs,
Ivre de liberté, des senteurs capiteuses
Qui montaient de la terre chaude, voluptueuse.
Comme la chèvre de Monsieur Seguin,
Notre serin,
Jure les deux mains sur le cœur,
Qu’il ne reviendra plus dans l’antique volière.
Il aime trop le ciel, la chaleur, la lumière,
La liberté des migrateurs.

Le jour passa trop vite, et le ciel devint mauve,
Un petit vent frisquet, courait dans les ramures,
Et le serin pensa : « voici l’heure des fauves »
Et la fin de mon aventure.
L’oiseau qui connaissait l’histoire de Blanquette
Ne voulait pas finir à la bonne franquette
Et il se dit : « Je vais me battre »
Comme quatre
Justement sur la route et dans un grand fracas
Un motard au casque bleu arriva
L’oiseau du haut du ciel piqua sur l’ennemi
Tomba sur son adversaire ébahi
Et… s’évanouit
Lorsqu’il eut reprit connaissance
Il faisait grand jour dans sa cage
Ces barreaux, pensa-t-il, disent à l’évidence,
Que
Je n’ai pas manqué de courage.
Pensa notre serin encore endolori
J’ai dû tuer mon adversaire,
Pour mériter cette galère,
Et je paie maintenant le prix de ma folie.
J’ai bien compris le sens de mon si beau voyage
La liberté convient à des canards sauvages,
Mais aux serins,
Tintin.


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