Le Frelon et l'Orchidée

Le Frelon et l'Orchidée

C’est un coin perdu de jardin.
Dans la lumière de l’été,
Et la beauté de sa jeunesse,
Une orchidée nue se baignait,
Languide, dans la douceur de ce matin.
Métisse du hasard, et fille d’allégresse
Elle se savait seule et oubliée du monde,
Etrangère au milieu des herbes vagabondes,
Elle avait donc fleuri en dépit des méchants,
Des amoureux des charlatans.
Dédaigneuse des fleurs fadasses,
Des anémones ou des pensées,
Sans souci et sans prétention
Elle exhalait avec audace
Les senteurs parfumées de son intimité,
Nectar pour abeilles et pour les papillons
Ces fragrances épicées, venues de l’outre mer
Qui embaumaient l’été, son jardin et les airs.
A ce même moment,
Un tout jeune frelon, sorti du nid natal,
Voltigeait dans l’air matinal,
Prudent.
Il découvrait le monde et toutes ses merveilles,
La chaleur, le soleil les fleurs et les abeilles,
Et il criait au ciel, Dieu que la vie est belle,
Et que j’aime l’amour !
C’est alors, que d’en haut, il aperçut la fleur
Qui écoutait ravie, son discours.
C’était notre orchidée,
En robe léopard, d’insecte, camouflée,
Une guêpe fleur si jolie
Qu’elle fit du frelon, battre le jeune cœur.
Il se laissa tomber sur la belle alanguie,
Heureuse du repas qui lui tombait du ciel.
Elle referma sur lui ses pétales nacrés,
Et consomma tout cru ce met providentiel,
Lui laissant temps d’une pensée :
-Maman m’a prévenu, hier, dans sa cuisine,
Gardes toi de juger, la guêpe sur sa mine.


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