Le Cafard

Le Cafard

Un Cafard, taillé pour l'aventure,
(Du moins le croyait-il), de son égout natal
Découvrit l'ouverture :
« Enfin ! s'écrie ce héros sans égal
En foulant le terrain d'une pauvre cité,
En ce jour, ce royaume, ô conquête suprême,
Dépose sur mon front l'ultime diadème
De ma ténébreuse beauté… »
Au matin, le soleil illumina la terre :
« Moi qui mettais le monde entier dans mon égout !
Se dit-il hébété ; je ne savais pas tout… »
Comme un jour ne résout jamais un seul mystère,
Le Cafard découvrit
Dans les bouts d'un miroir son authentique face :
« Quelle horreur ! » lança-t-il. Pour un si bel esprit,
La Nature m'a fait sans beauté et sans grâce… »
Surmontant son dépit,
Il fixe sur sa carapace
Les lumineux débris.
Cette étrange et nouvelle beauté
Proposa à chacun de voir sa vérité…
A peine s'était-il lancé dans la carrière,
Que madame la Pie,
Attirée par les feux séduisants de la pierre,
Emporte Cafardot dans le fond de son nid.
Qui ne le sait ? La Vérité
Est un miroir ;
Quand on veut l'éviter,
On la met met au tiroir.

Auteur : Pierre


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