La Paresse (Joute Capitale)

(Retrouvez les autres pêchés en revenant à la Joute)


Arsène

Arsène est paresseux, l'effort le rend malade.
"Je le ferai ce soir, je le ferai demain !"
L'entend-on chaque jour dire à la cantonade.
Mais n'y ajoutez foi, de tels propos sont vains !
Au simple mot "travail", son être est allergique,
Il tombe en pâmoison, d'y songer seulement.
Même de respirer lui est problématique,
D'ailleurs il en est mort : c'était trop fatigant !

Quand la paresse est peu banale,
Souvent, hélas, elle est fatale !

Fable de Alain Gautron


La Paresse


Bien qu'il n'y paraisse,
Sur le sujet, j'eus envie d'écrire
Une longue et riche satyre!
Or ma volonté se fit occire
Par la paresse…

Fable de Alex Marrot


Le Poil et la Main

Oui je sais, avec un suspens sitôt dévoilé
Sera vite jugé
Votre serviteur, soit d’être malin
Soit affublé d'un poil dans la main,
D'avoir fait ou non œuvre de prouesse
Pour de la Fable ainsi en illustrer
L'attendu pêché…
… de Paresse !

Auteur : Val


Profond sommeil de Loir

Ah ! que bien douce soit la paix au sein de Dame Nature
Mais faisons montre d’irrespect, l’on en paiera la facture.
Il était donc en son terrier un loir vaquant à son repos,
Que l’on ne songeait réveiller, ce serait bien maltapropos.
Hors de son antre, les bêtes cessèrent un jour tout compromis,
N’ayant qu’une seule idée en tête : satisfaire leurs appétits.
Et chacun à sa manière s’impose aux autres désormais.

Pendant ce temps, dans sa tanière, le petit loir, confiant, dormait.
Ce fut d’abord le sanglier, désirant bauge plus large
Qui, sans plus se faire prier, dans le cours d’eau, pris sa marge.
Le castor, lui, prit ombrage, dans la forêt s’accaparant
De quoi construire un barrage, ce qui déplût aux habitants.
Le hibou hulula plus fort, le coucou en déménagea.
La pie arriva en renfort. Bref, la gente ailée s’insurgea.
Profitant des nids à terre, le renard dévora les œufs.
Pendant ce temps, dans sa tanière, le loir ronflait comme pas deux !

Excédés par ce barrage, les oiseaux se regroupèrent
Et pour répondre à l’outrage, déféquèrent dans la rivière.
Puis sous leurs assauts répétés, l’écluse cède alors de l’eau
Qui se répand dans la contrée, mouillant même un certain caveau
Dont l’occupant s’était blotti, plus au fond, pour s’en protéger,
Murmurant vers les clapotis : « tout va bien, ça va s’arrêter ! »

Pendant ce temps, nos chers noceurs persévéraient leur comédie.
La bière perdue d’un chasseur provoqua même un incendie.
Tapi au fond de sa tanière, le loir avait les pieds mouillés.
« Mais ne faisons tant de manière : tout va bien, ça va s’arrêter ! »
l’eau continuait à monter. Notre loir presqu’ immergé
avait de l’eau jusqu’à …son nez : « Tout va bien, ça va s’arrêter ! »

C’est alors que soudain surgit, dans l’ouverture de son abri,
Un bien providentiel ami. Bien sûr : le fameux colibri,
Qui, depuis la montée des eaux, écopait tout du mieux qu’il puisse.
Le loir n’aurait fait de vieux os sans cette aide salvatrice.
« Je veux bien faire ma part, l’ami, mais lèves-toi et sors dehors
car ton sommeil a permis à d’autres de régler ton sort.
»

Fable de Pistil


Les Lapins et les Lièvres

Trop fiers pour la dure besogne
de la cueillette maraichère,
se prélassaient sans remord ni vergogne
quelques Lapins occupés à ne rien faire.

Comme ils avaient haute la prétention,
et que le dur labeur les laissaient indifférents,
on fit appel, quand vint la saison,
à plus vaillant et moins fainéant.

Se présentèrent quelques Lièvres venus d'ailleurs,
qui se mirent sans rechigner au boulot.

Regardant la chose et la prenant de haut,
les Lapins ajoutèrent l'insulte à l'injure,
car il leur semblait que ces étranges cueilleurs
leur volaient ce qui leur revenait à coup sûr,
des emplois, ce qui en pareille situation
rapporte sa juste part de rétribution.

Dénonçant la chose sur la grande place,
les Lapins qui s'espéraient une écoute sympathique,
eurent à faire face à la désapprobation publique,
ce qui leur fit l’effet d’un claque en plein face.

Alors que la besogne et le labeur
conduisent au contentement et au bonheur,
la paresse est une habitude dont il faut se défaire,
car elle laisse au cœur un goût amer.

Fable de Pierre Simard

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