La Métamorphose

La Métamorphose

Un jeune homme fringant mais hélas tout bancroche
Reprochait chaque jour au ciel sa disgrâce

Seigneur, s’écriait-il, pourquoi suis-je si moche
Regardez cette jambe et observez ma face !
Elise ma promise, une si jolie fille,
M’a dit que j’étais laid, bancal et puis courtaud
Qu’elle ne voulait plus d’un promis à béquille.

Pourtant je sais au fond, que je suis vraiment beau
De cette beauté extatique,
Que nul n’a jamais contemplée

Délivre moi Ô ciel de cet habit charnel
Qui fait de mon corps la réplique
Du corps de mon vieux paternel

Le Ciel entendit sa supplique
Et derechef le délivra
D’une guenille prison et karma.

Devenu pur esprit radiant de bonheur
Notre homme s’en fut voir la chérie de son cœur

Ma mie s’écria-t-il, admire je suis beau
Tout en moi respire le renouveau
La flamme qui m’anime, l’auréole sublime
Je ressemble à un ange tout droit venu des cimes

Elise reconnaît la voix de son promis
Si, si !

Elle regarde la flamme avec son auréole
Cesse de plaisanter, de plus, tu n’es pas drôle
Je crois dit-elle Dieu me pardonne
Que je préfère encore l’homme que tu étais
Sans couronne ni flamme

On peut être bancal avoir une belle âme
J’aime autant la réalité
Revient moi je t’en prie sans tout cet équipage

Trop tard, dit une voix par delà les nuages
Ton promis est comme il se doit
Beau
Beau et con à la fois


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