La Luxure (Joute Capitale)

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Monsieur le Marquis de…

Monsieur le Marquis de… fait du libertinage
Un travail à plein temps.
Pour sa lubricité, dans tout le voisinage
Il est tel le loup blanc !
Comme il a des appuis, Monsieur est un notable
Et riche de surcroît,
Chacun se tait, tandis que lui, le misérable,
Pavoise en petit roi.

Sachez Marquis que rien ne dure.
On en vit tomber pour luxure !

Fable de Alain Gautron


La Luxure


Autrefois un péché pire que le parjure
Créé par le diable pour mettre l’homme aux fers,
Douce tentation qui menait droit aux enfers
La luxure

Les temps ont passé ; si la morale perdure
Il n’y a plus de loi ni plus beaucoup de Dieu
Nous menaçant contre ce péché délicieux
La luxure

Mais l’abîme sucré, pointe de confiture,
N’est pas toujours acquis, possible en chaque lieu :
Nombreux interdits bloquent l’accès à ses cieux ;
La luxure

Pour certains un jeu, un luxe, ou une aventure ;
Rare ceux qui ne se sont pas laissés tenter,
Mais chacun en son cœur peut nous la raconter,
La luxure

Or arriva le mal, souffrance qui perdure !
Créé par le Divin qui nous fait encor guerre,
Ou virus mutant, délétère ! Ce n’est plus guère
Un luxe sûr !

La luxure

Fable de Alex Marrot


Le Satyre et l'Ingénue

À l’orée d’une Forêt de feuillus,
Attiré par la vierge vertu
D’une jeune ingénue,
Un Satyre aux poils drus
Vint l’écume aux lèvres
Lui tenter le Loup d’une voix mièvre :
« Ô petit Chaperon perdu
Et à l'innocence nue ;
Ton panier est bien vide de fruit
Mais j'en ai un, certes plus défendu,
Dont la vue
Comblera ton appétit…
… Hum, comme tu sembles à croquer
Sous ta houppelande,
Et comme est friande
La fragrance de tes chairs à déflorer,
Ah, comme paraît peu sage
Ce que tu caches derrière ton corsage… »

Ou plutôt ce que dissimulait son manteau,
En l'espèce une tranchante paire de ciseaux,
Notre point si naïve
Avertie par sa grand-mère
Des mœurs de tels pervers
Et qui, celui-là sortant la « chose » agressive,
Eut bien ridicule débandade
À cette inattendue estocade !

Gare à ses tentations
De n'y succomber pour de bon

Auteur : Val


Le grand jeu du Scorpion

Souffrant de la blessure d'abandon,
un Scorpion de fort caractère,
crut trouver dans la séduction
l'art de protéger ses arrières.

Usant sans compter de son aiguillon
sur autant qu'il pût de ses congénères,
il se mit volontiers à la reproduction,
croyant, ainsi et enfin, échapper à son enfer.

Multipliant rejetons et déceptions,
ses efforts ne purent rien y faire,
car au grand jeu du bras de fer
que chacun joue à sa façon,
pour que sèchent les larmes d'hier,
il faut avancer sans regarder derrière.

Fable de Pierre Simard

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