La Gourmandise (Joute Capitale)

(Retrouvez les autres pêchés en revenant à la Joute)


Aristide le limaçon

Au banquet des escargots,
Aristide a fait scandale,
Je vous le dis tout de go !
Vous l'auriez vu, le vandale,
Se jeter sur tous les plats :
Tendres pousses de courgettes
Dont on sait qu'il abusa,
Céleri, côtes de blettes,
Champignons, fraises, radis,
Sans parler de la salade !
Et le lendemain, pardi,
L'insatiable était malade !
Entendez-le donc gémir
Dans son lit, qui se tortille
Et pousse de grands soupirs,
A l'étroit dans sa coquille !
Mais il recommencera,
Rien n'arrête le vorace.
Ce soir, sûr qu'il y sera,
Aux agapes des limaces !

Aristide le limaçon
N'est pas une exemple. Ah non !

Fable de Alain Gautron


L'Ourson, le Papillon et les Abeilles


Un matin un ourson entra dans la clairière
Une jolie clairière dans les Pyrénées
Il vit une ruche semblant abandonnée ;
L’odeur du miel l’avait sorti de sa tanière.

Plongeant une patte sans faire de manière
Il ne vit point le papillon se promener :
« Les abeilles sont absentes pour butiner,
Vont vite revenir, elles sont là derrière !»

Mais faisant fi de l’honnête avertissement
Notre goulu voulu reprendre une lampée…
Déjà les ouvrières venaient prestement.

Le malheureux n’eut pas le temps de décamper ;
Il aurait voulu en prendre dans sa valise !
Mais on lui fit payer fort cher sa gourmandise

Fable de Alex Marrot


L'Ogre et la Mare

Oubliée des Hommes,
Une Mare faisait somme
D’un riche vivier
Jamais jusqu’à lors pêché…

Ce dont un Ogre vint faire disgrâce
Crevant de l’eau la surface
D’une large nasse
Aussi cruelle que son affreuse face :
Alors Goujons, Tanches, et autres alevins,
D’y frétiller en vain
Ramenés soudain
Par l’affamé vilain !
Toutefois une Perche, pour éviter la friture,
Aussitôt d’une Carpe jeter en pâture :
« Prends plutôt une ligne
Et j’accrocherais à cette meilleure chair
Son crochet de fer ! »
Passant marché, notre maligne
De duper de bien vilaine manière
Le goinfre, liant le tout à une lourde pierre…
… Qui, ne voulant lâcher prise
À sa gourmandise
Et sa canne cédant, fut emporté par le fond
Comme tous ceux appâtés par quelque hameçon !

Dont l’arc-en-ciel
Plus encore en démontra malgré-elle
La morale illustrée par cette Fable,
Notre Gargantua à l’appétit insatiable
Buvant du trou les eaux
Jusqu’à la vase, s’y terrant le Carpio,
Mais se tortillant dessus le menu fretin
Suffisant ici pour toute… faim !

Auteur : Val


L'Ours et les Abeilles


Un jour, ours au proportions fort réduite fut soudain prit d’une envie subite : « je veux du miel ! » s’écrit-il « tout de suite !. Mais où chercher, que je m’y précipite ! »
Dans sa forêt natale, au creux d’un très vieux tronc, milles abeilles virevoltaient autour de leur maison. « ces artisanes, petites productrices, seraient bien mal foutues si je leur prends le fruit de leur travail ». et il s’en fût. « bonne chozzze ! »dirent les butineuzzzes, d’une même voix mielleuzzze.
Aux abords d’un village, débordantes de nectar, quelques rûches bien sages lui attirent le regard.
« Quel vraiment dur labeur pour cet apiculteur, aussi point ne vais-je léser l’individu et ses zélées travailleuses ailées. » Et il s’en fût. « OUIZZZZ ! » firent-elles en secret d’une même voix sucrée.
Tout le long d’une route, des rûches bien alignées et des milliards d’abeilles toutes à besogner.
« Quelle histoire ! c’est commode, oui ! mais un peu compliqué car tant d’abeilles groupées m’auraient vite piqué ! » et il s’en fût. « … » fit le bruit du silence dans un raffut frisant l’indifférence.
Dans un supermarché, au rayon déjeuner, des centaines de pots, magnifiques bocaux, étiquettes apposées, luisent du miel doré.
« Miam ! » dit l’ours « c’est donc ça le paradis sur Terre ? » Et on l’abat.
« C’était un l’ours ! » dit la caissière.
« J’aurais mangé local, je ne serais pas mort ! ».
Qui comprend la morale, consommera t-il encore ?

Fable de Pistil


Le Pourceau et le Boucher

S’empiffrant de son fougueux appétit,
un Pourceau vidait sans jamais rechigner
ce qu’on maître généreux et avenant
versait dans la mangeoire de son goret.

C’était bien sûr, tous l’auront compris,
avec l’idée de bien l’engraisser
et de se le mettre sous la dent
quand le temps de faire bonne chair serait venu.

Ainsi, lorsque la fin des auges fut sonnée,
croyant faire une ballade bien méritée,
le Porc alla plutôt visiter le comptoir du Boucher
qui lui apprit qu’il s’était fait tromper.

Pour ne pas finir en saucisson, jambon ou creton,
méfions-nous de ceux qui donnent sans raison,
car quand la vérité se montre le bout du nez,
il est souvent trop tard pour reculer.

Méfiance et prudence
éloignent la potence.

Fable de Pierre Simard

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