La Belle et le Bûcheron

La Belle et le Bûcheron

Il était une fois dans l’antique Russie
En ces forêts immenses où pousse le sapin,
Un bûcheron joyeux plein d’entrain et de vie,
Qui faisait retentir les bois de ses refrains.

Une fois, chaque mois il allait au village,
Sa cognée sur l’épaule, un sourire au visage
Sur la tête un chapeau qu’il portait de guingois
Et qui virait de bord à la vue d’un minois ;

Car notre bûcheron avait une faiblesse,
Il était amoureux d’une jolie diablesse
Qui se moquait de lui alors que chaque fois
Pour lui faire sa cour il lui donnait son bois.

Le moujik enrageait lorsque sa jouvencelle
Riait de sa folie, et que, sans rien promettre
Elle l’écoutait chanter des airs, des ritournelles,
Et la voix caressante embrasait tout son être

Car elle aimait la voix de cet homme si rude,
Mais elle détestait sans être fille prude,
Le regard qu’il plantait au fond de ses prunelles
Et mettait en défaut ses airs de demoiselle.

Un jour que le galant osa prendre un baiser,
Que rouge de désir il la serait de près
Elle lui décocha une claque maîtresse
Qui le laissa surpris du coup de la drôlesse

A son tour, furieux, il la prit par la taille
Et sans précaution la jetant sur la paille,
Il se mit à chanter un grand air d’opéra
La belle apprivoisée se nicha dans ses bras

Moralité : Le moujik adoucit les mœurs


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