L'Assassin qui se noie

L'Assassin qui se noie

Un Prévôt poursuivait un Assassin ;
Celui-ci, rapide comme un Fantassin
Sur le champ de bataille,
Obligea l’agent à abandonner
Cette chasse à la canaille.
L’impunité, le bandit crut se voir donner ;
Mais le Ciel ne sait pardonner !
Alors au gredin se présente un ruisseau,
Du moins le croit-il : il y entre, y fend l’eau
Jusqu’à la mi-cuisseau,
Ressentant une certaine joie
D’échapper au gibet.
Mais n’ayant jugé la profondeur de la voie
Qu’il choisit de prendre, notre coupe-jarret
Perd pied et s’y noie !

Dieu n’a-t-IL pas assez d’anges aux Cieux,
Qu’IL ne peut ici bas faire mieux ?
Combien lui faut-IL d’innocentes victimes
Pour punir à l’instant les auteurs de tous crimes ?
L’Empyrée¹ est un ogre gourmand d’âmes
Et l’Hadès en est son fournisseur, de ses flammes
Remontent le Mal et le Criminel…
… Ou rien venu du Malin et du Divin :
L’Homme est peut-être naturellement enclin
A commettre ce Péché dit Mortel…


1) Paradis

Fable de David Claude inspirée de celle écrite en prose éponyme d'Esope De l'Assassin qui se noie

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