Canes Familici

Canes Familici

Dans le lit d’une rivière,
Des Chiens aperçurent un morceau de cuir :
Ils eurent l’idée saugrenue, singulière
Pour mieux en jouir,
Pour en faire bombance
Avec aisance,
D’en boire toute l’eau ;
Mais bien avant s’être repus de la peau,
Ils moururent avec de terribles waf !waf !

Qui n’a été ou n’a connu de boit-sans-soif ?

  • Seconde version :

Canes Familici

Deux chiens virent un long morceau debasane1
Sur le fond d’une rivière :
«Est-ce là, dit l’un, une tranche d’âne ?
– Plutôt, fit l’autre, une étrivière2
– Je pense, moi, que par Diane3
A été exaucée notre prière
– Qu’importe alors la raison
Lorsque l’estomac crie famine :
Ne laissons pas à d’autres cette venaison,
Profitons de cette lippée marine.»
La faim faisant croître la déraison,
Les Chiens pour faire bombance
Voulurent mettre le cours d’eau à sec
Et à tant laper, ils se crevèrent la panse
Avant d’avoir atteint cette pitance !

Tout projet insensé est voué à l’échec !

Fable de David Claude

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