Anus ad Amphoram

Anus ad Amphoram

Une vieille femme vit une amphore,
Laissée là à même la terre, désemplie,
Et dont le vin de Falerne (du moins salie)
Qu’elle avait contenu, exhalait encore
Une bonne odeur.
Après avoir flairé le noble vase vide,
Elle dit avec une lascivité avide :
«Quelle douce senteur !
Quelles suaves choses tu devais contenir
Si j’en juges ce qui a su me retenir.»

Que dit la fable ? le dira qui m’a connu !
Voilà que Phèdre nous laisse dans l’inconnu…
… Alors essayons de donner un apologue
Qui sera analogue
À celles de Phèdre et à sa pédagogie :
Nous voyons le souvenir d’une jeune vie
Où, dans une quelconque antique orgie,
Le vin de Falerne et le vin de Cécube
Poussaient chacun à être incube ou succube…

Fable de David Claude

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